Publicité

Cinéma

Samedi 15 octobre 2005

J'ai écrit ce texte il y a deux ans, pour un concours que j'ai gagné et qui m'a valu d'assister une semaine au festival de Cannes. (et c'était bien) C'était le concours "Prix de la jeunesse". Il s'agissait d'écrire quelque chose sur mon rapport au cinéma à travers le thème de laville.                                                                                                                             

Nantes m’influence

La ville n’intervient pas dans ma façon de percevoir le cinéma, mais interviendra dans ma façon de faire du cinéma.

Des petits bruits, les détails de la rue auxquels les vraies gens ne font pas attention ;

Penser que tous ces inconnus que je croise, inconnus anonymes qui le resteront, sont des personnages potentiels. Ces gens-là aussi ont une histoire.

Ce trajet que je fais tous les jours, ce trottoir battu cent fois par mes pieds,

comment ma caméra les montrera-t-elle ?

Comment filmerai-je cette ville ? Vais-je la filmer comme je la connais,

la montrer à l’écran telle que je la ressens, ou bien la re-créer ?

Je peux garder une relative objectivité sur Rennes, parce que bien que j’y habite depuis septembre, Rennes est encore vierge, je n’y ai presque pas d’histoire. Je n’y vis pas réellement, ou si peu ; je n’y ai aucune attache. Je la connais un peu, mais dans Rennes je n’ai pas de vie, donc je n’ai pas de mémoire. Pas d’expérience personnelle à transmettre dans un film : je marque Rennes comme le ferait un fantôme.

Mais Nantes ! Nantes me connaît, et je connais Nantes.

A Nantes j’ai une histoire.

Ces trois dernières années, dont je me repose en ce moment, avant de repartir vers trois nouvelles autres…

Ces trois dernière années, découverte d’une ville, Nantes,

Dans laquelle j’apprends le cinéma,

Dans laquelle je rencontre des gens.

Trois années bouleversées, donc bouleversantes.

Trois années qui m’amènent, un jour, à être adulte.

Trois années qui font ce que je suis.

 Ce que je suis - c’est-à-dire, entre autres, ce que je pense, ce que je vois… - se retrouvera forcément dans mon cinéma, puisque ce que je recherche dans l’art, c’est l’expression -et l’impression- de la subjectivité.

Et aujourd’hui, je retourne à Nantes pour y rejoindre un ami et un amour. Mais aussi parce qu’elle me manque…

Je crois qu’il me plairait, pas forcément de transformer l’atmosphère de la ville, d’une rue que je connais, mais d’exacerber ce que je peux ressentir ou imaginer de l’endroit en question. Je ne le représenterai sans doute pas sous son aspect le plus quotidien et le plus banal . Ou alors, quotidien et banal dans un premier temps, puis « révélé », vu sous un autre jour.

Alors, qu’est-ce qui ressortira de Nantes dans mes films ? D’abord, ressortira de Nantes ma première expérience de la ville en général, renouvelée depuis dans chaque cité où je suis passée :

                                        L’errance

La perte des significations, le rejet du béton, des couleurs artificielles.

Rejet de l’artificiel en général.

Le stress, la foule stressée et anonyme. Le paradoxe/malaise classique de la condition humaine en ville : beaucoup de monde, donc une grande solitude…

Qui je suis ? Qu’est-ce que je fais là ? Pourquoi tu me parles comme ça ?

Le besoin d’air, de vrai air. Et du vert ! Du vert, de l’air, du vert, de l’air ! 

Le rapport entre le mouvement et la ville est aussi un peu le même partout. Par rapport à la géographie urbaine, les scènes où les personnages bougent et les scènes où les personnages stationnent ne se jouent pas n’importe où. La rue, par sa configuration (une ligne, un point de fuite, une extrémité de chaque côté), est un lieu de passage ; elle est faite pour se déplacer, aller d’un endroit à un autre, mais pas pour s’y arrêter. Au contraire, la place est un espace rond, un peu clos, une pause dans la déambulation. Une fontaine, des bancs, un marché : la place est un endroit pour s’arrêter.

Filmer quelqu’un arrêté sur une place, ou qui se déplace dans une rue, est donc naturel. Mais filmer quelqu’un arrêté dans une rue ! C’est une rupture avec la nature de l’espace. Rupture avec la tendance impliquée par la géographie, rupture avec le mouvement induit par la ligne de fuite. Le personnage est alors un îlot contradictoire, résistant à son environnement. Surtout s’il y a, autour de lui, des gens et des voitures qui eux suivent l’ordre normal… C’est l’effet que me font ces bancs installés sur le cours des 50 otages, une sorte de gros boulevard où circulent tout un tas de voitures, de piétons et de tramways.

Par sa configuration, la ville nous dirige dans notre évolution spatiale.

On ne fait pas ce qu’on veut, on fait ce que la ville nous impose.

Quand j’étais au lycée, comme j’étais interne, je ne vivais pas vraiment dans Nantes, mais à l’intérieur d’une bulle elle-même dans Nantes. C’était une bulle dans l’espace, dans le mouvement et dans le temps de la ville, substitués par ceux du lycée. La sortie de la bulle et la confrontation à Nantes, c’était surtout le mercredi après-midi…

Alors la ville est stress. Vite ! Tout est tension donc tout est rapide.

Je mêle le précipité à la lenteur pesante.

Mon errance dilate le temps…

Mais le temps est inexorablement compté,

Ma montre clique et claque, hurle : « Anaïs !! Tu dois être au lycée à 19h !! »

Et ça va vite…

Déjà je suis en retard, déjà il faut que je me presse, déjà il faut que je stresse.

J’ai essayé de saisir le temps en m’en échappant…

J’ai voulu saisir le temps de la ville, mais c’est le rythme maniaque du lycée qui régit ma vie.

Et aujourd’hui ? Quand je viens à Nantes aujourd’hui, je n’ai d’autre contrainte que l’heure de mon train pour rentrer, l’horaire de la séance de cinéma et de la fermeture de la boulangerie.

Je vis Nantes en décalage.

Je vis Nantes comme toujours en vacances.

Le temps de ma Nantes à moi se heurte au temps de la Nantes des autres :

Toute une foule qui sort de l’école ou du travail, tandis que pour moi c’est encore le matin, je traverse la ville pour aller prendre ma douche…

Aujourd’hui pour moi Nantes se laisse couler.

Nantes est tranquille. Nantes est calme. Nantes est sereine.

Nantes est au rythme d’une péniche qui navigue.

Nantes avance au rythme de l’Atalante… 

Alors dans un film urbain, le rythme sera sans doute effréné … surtout quand les personnages sont dans les rues, avec une tâche à accomplir, un but à poursuivre. Un montage rapide et heurté… Au niveau du son, une certaine frénésie.

Mais, des plages de lenteur. Soit en rupture – c’est la dilatation du temps là où on ne l’attendait pas, qui vient faire une pause étrange comme pour mieux montrer la précipitation démente. Soit amené subtilement, au cours d’une accalmie progressive. C’est ici le calme et la lenteur consciemment recherchés par un personnage apaisé.

Car la ville ne procure pas la paix intérieure.

Le personnage va trouver la sérénité et le calme, le bon temps que la ville lui propose,

S’il a sa propre paix.

Mais la paix vient de lui-même.

Dans les moments lents, un montage…lent. De la fluidité pour les scènes de lenteur sereine ; une caméra plus hésitante, plus lourde, pour les moments de lenteur dus au malaise. Un silence doux et des sons ronds pour le calme, l’ambiance sonore légère et discrète. Mais pour le malaise, un fond sonore étouffé, avec des éclats de voix et autres bruits agressifs qui tranchent de temps en temps, rappelant la réalité, exacerbant l’angoisse. Peut-être même, un léger bourdonnement.

En filmant Nantes, je crois que je n’aurais pas idée de mettre mes personnages dans une voiture, puisque pour moi la ville se vit à pied. C’est à pied qu’on peut apprendre une ville, l’apprécier, voir les petites choses qui font la différence…

J’aime la rue Scribe et le quartier Bouffay, les rues piétonnes en général

J’aime les rendez-vous sur les marches de la Fnac et du théâtre Graslin

J’aime le bruit de mes pas sur les pavés.

J’aime les recoins, les petits passages et autres escaliers discrets, comme ceux sur les quais, aux abords du Lieu Unique.

Les entrées dérobées du Passage Pommeraye, et bien sûr le Passage lui-même, que l’on voit déjà dans les films de et sur Demy… 

Je me souviens de cette inscription que j’ai vue sous un porche cours des 50 otages, et par terre, sur le trottoir, en remontant de Graslin vers Guist’hau : « lève la tête ! » Voilà un tagueur qui a fait preuve de beaucoup de spiritualité. J’ai reçu à sa juste valeur le message de cet inconnu, et je souhaite le transmettre à mon tour, par le cinéma puisque c’est ma forme d’expression.

Lève la tête, prends l’air ; prends l’air dans Nantes même,

C’est possible il suffit de la vivre autrement

D’apprendre à en connaître ce qui est vivant

Regarde-la autrement

Vois comme je te la montre. Vois ce que je te propose… 

Alors, je veux montrer aux Nantais leur ville telle qu’ils ne la regardent pas. Après tout, c’est après avoir vu Jacquot de Nantes, de Varda, quelques films de Demy, et lu la forme d’une ville de Julien Gracq, que j’ai redécouvert le Passage Pommeraye, et saisi tout ce qui s’en dégage. Je veux ainsi montrer aux Nantais tous ces petits détails auxquels ils ne font pas attention, parce que pas le temps, pas que ça à penser, il y a des préoccupations plus sérieuses donc plus importantes, et puis trop d’habitudes, de routes et de visions toutes faites. Je veux leur montrer comment on peut interpréter Nantes. Par exemple, le nouveau Palais de Justice, une grande bâtisse noire et très géométrique, très impressionnante, ferait pour un film expressionniste un décor…fantastique ! Filmer ce bâtiment plein de lignes droites de façon à ce que les perspectives semblent faussées… Quel plaisir !

Si je tourne un film à Nantes, ce ne sera plus un film à Nantes, mais un film sur Nantes… L’histoire risque de n’être plus qu’un prétexte, et à travers les personnages, c’est moi que l’on reconnaîtra. Ce ne sera plus la simple influence de la ville sur mon cinéma, mais mon cinéma au service de la ville.

Alors, il faut assumer. Faire des films dont Nantes est l’héroïne ; d’abord telle que je la ressens, puis la re-créer, adopter un point de vue différent. Enfin, remettre la ville au service du cinéma, et faire un film dont l’histoire se passe à Nantes…

Par Anaïs Leroux
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 22 novembre 2005
    C'est le titre d'un des modules de mon cours, en ce moment. (avec Documentary Practices et Documentary History and Theory)
Mais finalement ça regroupe un peu tout ce que je fais ce semestre...
   
    En effet, le documentaire que je fais (en groupe, je suis monteuse) est assez politique: c'est sur un demandeur d'asile en Angleterre, mais qui n'est pas le demandeur d'asile type. Il n'a jamais voulu venir en Angleterre.
     Il a quitté son pays qui est sous domination (peu honnête, faut-il le préciser) d'un autre, en espérant aller dans un camp de réfugiés dans le pays voisin. En effet il était en danger chez lui car actif (en toute légalité, c'est-à-dire, entre autres, sans terrorisme) du mouvement de libération. Bref il ne peut pas aller dans ce camp de réfugiés, alors il va dans un autre pays pour essayer de passer par l'autre côté mais ça ne marche pas non plus, et il passe en un an dans quelque chose comme 5 ou 6 pays différents, n'obtenant pas de visa, se faisant déporter, fuyant, etc.
     Il finit donc à Brighton où il vit depuis dix ans, n'ayant qu'une hâte c'est de partir (pour aller dans ce camp de réfugiés). Il demande l'asile parce-que s'il ne l'obtient pas, ces cons d'anglais vont le renvoyer dans son pays d'origine où il risque fort de se faire exécuter ou au moins emprisonner.
    
    Il continue à travailler, via internet, pour son mouvement de libération; il envoie (et quelques fois reçois des réponses) des courriers à tout un tas de dirigeants dans le monde, qui font preuve de plus ou moins d'hypocrisie mais qui ont l'air de s'en foutre un peu (dont notre cher (?) Chirac); il méprise l'ONU, qui ne sont, je le cite, qu'"un club de menteurs, d'hypocrites et de connards". Je ne sais pas si j'irais jusque là mais je crois au moins qu'on est tous beaucoup trop naïfs par rapport à l'ONU.

    Bref, nous ne tiendrons aucun discours politique dans ce film, mais comme nous faisons un portrait de ce type, et que son histoire et sa vie entière sont très politique, finalement nous faisons un film politique.

    C'est la première fois de ma vie que je rencontre quelqu'un comme ça. D'habitude ce genre de personne j'en entends parler dans les médias, dans les livres d'histoire, n'importe où mais pas dans ma vie, car j'ai la chance de vivre dans une petite bulle hors de la misère du monde. Mais là le mec je l'ai rencontré, je lui ai parlé, je fais un film sur lui, et j'ai un effet sur sa vie. Nous rompons sa solitude: il nous dit qu'il n'a jamais parlé de tout ça à qui que ce soit à part à son avocate, depuis dix ans. Et un documentaire peut avoir des effets assez forts sur la vie de ses sujets. Il l'a bien compris, car il refuse de dire, à l'écran, son nom, celui de son pays et ce genre de choses (c'est donc en respect de cela que je ne le fais pas ici non plus), et nous n'avons pas le droit de montrer ce film après deux ans. Je ne suis même pas sûre que nous ayons le droit de le montrer publiquement en dehors de l'école.
    Enfin de toutes façons il aurait été bien prétentieux de dire que ce film va être TELLEMENT bon que tous les festivals de ciné et les chaînes de télé vont se l'arracher...

    Sur ce jeunes gens je vais vous laisser car il faut justement que je transcrive les interviews qu'on a fait avec lui, c'est long et douloureux, pour l'instant j'ai fait environ 20 minutes en environ 1h30... ô joie
J'écrirai donc la suite de cet article plus tard.
Par Anaïs Leroux
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 23 novembre 2005
    Donc voici le deuxième module du semestre: Documentary History and Theory. Parmi les quelques questions et les nombreux films proposés pour la dissertation, j'ai choisi de travailler sur l'essai, et sur "Sans Soleil" de Chris Marker (1983). La question à laquelle je dois répondre est donc:
Does "Sans Soleil" adopt the form of the 'essay'?                                         
Est-ce que "Sans Soleil " adopte la forme de l'"essai"?

   
Là aussi, sans y faire attention, je travaille en lien avec personal & political film-making. car "Sans Soleil" est un film très personnel et assez politique... Magnifique, par ailleurs.
Une narratrice lit les lettres que soi-disant elle a reçu d'un cameraman, lequel représente Chris Marker. C'est un peu compliqué.... Au début je croyais que ce cameraman était un personnage fictionnel mais en fait non, il a effectivement travaillé sur ce film. Mais les textes des lettres, certaines images et les thèmes du film sont très identifiables, paraît-il, comme étant des obsessions de Chris Marker. Donc je suis un peu paumée. C'était peut-être le but? Bref, admettons que c'est Marker, dans le fond, qui parle.

    En gros, Marker nous expose ses réflexions et questionnements sur la mémoire, le temps, le rêve, aussi divers aspects sociaux comme la différence des modèles de société (africain, japonais, européen), et les rapports entre tous ces sujets et les images. Il montre aussi des images, des choses qu'il a envie de montrer tout simplement. Ce film pourrait être un journal intime (on n'écrit pas que des banalités sur sa vie privée, dans un journal intime), ou, comme le dit mon prof, des cartes postales. Cartes postales parce qu'il y a de (belles) images, surtout d'endroits exotiques en plus (Japon et Guinée-Bissau, Cap Vert), et qu'il parle de choses qu'il a vues là-bas, et que la narration est en quelque sorte épistolaire.
    Mais moi je pencherais plutôt du côté journal, parce que ces réflexions et ces images, même si elles ne concernent rien de privé, me semblent très intimes. C'est que j'ai tendance à faire dans mon propre journal (sans avoir la prétention de dire que c'est aussi intéressant que ce que fait Marker, loin s'en faut): réfléchir sur des trucs variés, des pensées sur tout et n'importe quoi, et je colle des images qui me plaisent. Peut-être que c'est pour ça que ce film me touche autant. J'aimerais tellement faire un film comme ça...
   
    Certains comparent Chris Marker à Godard: oui, on peut voir des analogies, mais Chris Marker n'a pas l'arrogance de Godard, donc même si, peut-être, au départ, il y a une approche comparable, à l'arrivée ils font des films très différents. Bon, j'aime bien ce que fait Godard aussi mais en prenant du recul parfois, parce qu'il est vraiment pédant quand même...

Bref, regardez "Sans Soleil"... Si au passage vous avez des idées qui pouraient m'aider pour ma dissert, je les accueille avec plaisir.
   
Par Anaïs Leroux
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 10 décembre 2005
    Le projet avait l'air vraiment bien, passionnant et tout, mais la caméra-girl a foiré ses plans et notre super sujet ne s'est pas ouvert du tout, et nous a laissé tomber hier à la veille d'un deuxième tournage d'urgence, mais il nous refile un de ses potes à sa place.
    Donc en ce moment, le réalisateur et la cameragirl sont en train de filmer un type dont on n'a jamais entendu parler avant (on sait juste que c'est aussi un demandeur d'asile qui en l'occurence se l'est fait refuser), ils vont me donner les rushes lundi, et j'aurai donc 3 jours, (et encore, la salle de montage est ouverte de 10h à 17h seulement) pour faire le montage entier, car le film doit être rendu jeudi.

    Enfer et désolation.

Ca fait le deuxième cuisant échec à suivre, car l'année dernière aussi, on s'était plantés. Pas le même groupe, pas la même planture, mais le même désespoir, la même frustration. Et c'est même pire car au bout de la deuxième fois, tu te dis: mais est-ce que je vais réussir à faire ne serait-ce qu'un putain de film? J'ai vingt mille idées mais je n'ai pour l'instant pas le temps, ou pas l'argent, de les faire. En attendant on se plante, on se lamente et on se tord de désespoir.

    Youpi.

Par Anaïs Leroux
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 12 décembre 2005
    On en arrive au module qui porte donc réellement ce nom.

    Je dois donc faire soit un film de trois minutes maximum, soit écrire un scénario de quelque chose comme huit pages, je sais plus trop et je m'en fous, car j'ai l'intention de faire un film.
    Mais alors quoi comme film, je ne sais pas trop, parce-que je passe mon temps à changer d'avis, les questions tournant surtout autour de: "qu'est-ce qui serait le plus personnel?" Ou politique, me direz-vous, mais là j'ai plutôt envie de faire dans le personnel.

    Mon idée de départ était de travailler sur la pluie, et j'ai laissé tomber parce-que je crois que je voudrais surtout filmer de la pluie d'été (et le film doit être rendu le 16 janvier, donc pour l'été, hein, bon.).
    Donc ensuite, relisant le texte Nantes m'influence, j'ai décidé de m'en inspirer pour travailler sur Nantes. Un de mes problèmes, c'est que la ville sera pleine de décorations de Noël quand je vais filmer (pendant les vacances), et ça m'emmerde parce que ça ne représente pas la ville telle qu'elle m'est familière, donc telle que j'aurais voulu la montrer.

    Mais, au fur et à mesure de mon étude de Sans Soleil, je suis influencée, et je commence à avoir envie d'autre chose, quelque chose de plus éthéré, de peut-être plus rêveur que ce que j'avais l'intention de faire sur Nantes. Quelque chose qui me paraîtrait plus personnel, parce que plus singulier. Comme un poème-film. Mais je ne sais pas trop non plus...
    J'ai pensé à quelque chose sur la centrale nucléaire de Brennilis: une centrale, en démantèlement d'ailleurs, qui est posée comme un cheveu sur la soupe au pied d'un lac au coeur des Monts d'Arrée. Pour ceux qui ne connaissent pas, les Monts d'Arrée sont dans le centre-Bretagne, des terres imbibées de légendes. Et donc, en plein paysage lunaire et complètement fantastique, où tu ne serais pas surpris de croiser un elfe,un korrigan ou l'Ankou, au détour d'un virage tu vois cette centrale nucléaire. Mais qu'est-ce qu'elle fout là?
    Bref je voulais faire un film là -dessus, un truc très contemplatif, presque mystique en filmant les paysages magiques des Monts d'Arrée, et présenter cette centrale à la fois comme une horreur et une totale incongruité. J'aurais aussi filmé des pages de la bd L'Ankou de Spirou et Fantasio, laquelle parle justement de la centrale de Brennilis.

    Et puis, pour aller à fond dans le personnel, j'ai pensé travailler à partir de l'écriture automatique à la manière des surréalistes. Je voulais donc écrire, puis faire le film à partir du texte rendu. Le problème c'est que, moi qui y arrivait facilement avant, je me suis trouvée incapable de laisser ma conscience de côté en écrivant, donc écriture automatique, ratée. Il faudra peut-être persévérer.

    J'ai aussi pensé faire, encore un genre de poème-film, sur la nudité, la mélancolie et l'ennui, mais aussi la triste beauté, de la campagne en hiver. Mais je ne suis pas non plus ultra convaincue.

    Donc, en gros, j'ai tout un tas (et encore, si je continue à réfléchir, je vais avoir d'autres idées) de films, parmi lesquels il faut en choisir un. Celui qui sera le plus intéressant en matière d'exploration du Personal and/or Political Film-making... Je ne sais que choisir, je suis un peu paumée.
Par Anaïs
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus